Le premier Comité Maritime Ultramarin est créé à Saint-Pierre et Miquelon

publié le 18 mars 2011 (modifié le 27 août 2015)

Un an après les rencontres régionales du Grenelle de la Mer, dont celles tenues à Saint-Pierre le 18 juin 2009, M. Christian BUCHET, Secrétaire Général du Comité de suivi du Grenelle de la Mer, est revenu dans l’archipel à l’occasion de la mise en place du premier Comité Maritime Ultramarin. Cette visite aura notamment été l’occasion de faire le point sur la mise en place des engagements du Grenelle de la Mer résultant des propositions locales et de rencontrer les acteurs du milieu de la mer.


Le Grenelle de la Mer … et après ?

En février 2009, Jean-Louis Borloo, Ministre d’État, Ministre de l’Énergie, de l’Environnement, du Développement-Durable et de la Mer, lançait le Grenelle de la Mer dont l’objectif premier était de compléter les engagements du Grenelle Environnement concernant la mer et le littoral et de couvrir un champ plus large sur la thématique de la mer et de sa contribution au développement d’activités durables.

Ainsi, comme l’a expliqué M. Buchet « L’objet du Grenelle de la mer n’est donc pas de sanctuariser la mer, mais de faire découvrir son fort potentiel dans les secteurs de l’énergie, de l’alimentaire, de la cosmétologie ou de la médecine ».

Le projet est d’ailleurs ambitieux puisqu’il s’agit à terme de doter la France d’une véritable politique maritime : « La France n’a jamais eu de politique de la mer. La gestion des maritimes a toujours été dans un cadre très cloisonné. La mer qui était gérée en interministériel, a maintenant un ministre et le Grenelle a pour but de définir le contour d’une politique maritime comme l’on fait certains pays. Il ne peut y avoir en France de politique maritime sans l’outre-mer ».

Suite à la grande consultation nationale qu’aura été le Grenelle de la Mer, nous entrons donc maintenant dans une phase opérationnelle, la mise en place d’une gouvernance garante d’une politique maritime créatrice d’emplois et de richesses et assurant une protection de l’environnement comme l’a souligné le Préfet Jean-Régis Borius.

Le Comité Maritime Ultramarin

Afin de suivre la mise en œuvre des engagements du Grenelle de la Mer, Jean-Louis Borloo, a souhaité la création de comités maritimes territoriaux, instances de concertation entre les parties prenantes du milieu de la mer. Quatre comités maritimes seront mis en place sur les façades maritimes métropolitaines et dix comités maritimes ultramarins (CMU) seront instaurés en outre-mer. Le comité de Saint-Pierre et Miquelon est le tout premier à être mis en place, la première réunion ayant eu lieu le 22 juin dernier.

L’objet du CMU de Saint-Pierre et Miquelon est d’élaborer une politique maritime locale durable pour les 10 à 20 ans à venir. Le comité pourra être saisi pour avis et associé à l’élaboration de plans et programmes pour favoriser un développement durable du territoire littoral et insulaire. Relais du Comité de Suivi du Grenelle, ces comités territoriaux joueront un rôle essentiel d’intégration des enjeux locaux et régionaux à la politique maritime nationale.

Le CMU est composé de 5 collèges : collège des administrations de l’État et des établissements publics territoriaux, collège des élus, collège de syndicats de salariés et collège des professionnels.

Afin que le CMU soit opérationnel et efficace, il a été proposé de créer un sous comité opérationnel, présidé par le Préfet, plus restreint et représentatif de l’ensemble des problématiques maritimes. Ce sous-comité aura la possibilité d’associer toute autre personne ou organisme compétent dans les dossiers instruits.

Karine Claireaux, Maire de Saint-Pierre, a été élue Vice-Présidente du CMU de Saint-Pierre et Miquelon. Elle aura notamment pour rôle de représenter le CMU local à la réunion du Comité National du Littoral et de la mer, tenue le 5 juillet à Paris. Rappelons que Mme Claireaux était membre du groupe de travail national no4 du Grenelle de la Mer « Planète mer : inventer de nouvelles régulations » .

Des actions déjà en place

Lors du Grenelle de la Mer, les ateliers avec les intervenants du milieu de la mer, puis la réunion publique tenus au mois de juin 2009 ont permis d’émettre plusieurs propositions.

Depuis un an, un certain nombre d’actions ont déjà été menées, elles ont été présentées lors du CMU.

- Le retour d’IFREMER

La réimplantation permanente d’un centre de recherches Ifremer avait été réclamée tant par les membres de l’atelier que par la majorité du public. Ifremer représente à la fois un appui scientifique local important et un lien avec les réseaux scientifiques métropolitains. Il apparaît difficile de concevoir une politique locale de la mer sans sa présence.

Depuis le début janvier 2010, un technicien d’IFREMER est de nouveau en poste à Saint-Pierre. Lors de la réunion du premier CMU, Herlé Goraguer a pu présenter la problématique locale et les missions qui sont les siennes.

La création en 2009 de la délégation générale à l’outre-mer permet à l’IFREMER d’avoir dorénavant une vision globale de l’outre-mer et de disposer d’une structure de liaison entre l’outre-mer et la métropole.

Sur les missions d’appui à la pêche, l’aquaculture, l’environnement marin. Monsieur Gorager a rappelé qu’un accord de coopération entre l’IFREMER et le Ministère des Pêche et Océans Canada permet de mener des recherches conjointes dans les domaines le nécessitant.

- Réflexion sur l’aménagement du port de Saint-Pierre

« S’agissant du potentiel portuaire, il conviendrait d’initier une réflexion à la fois ambitieuse et raisonnable, c’est-à-dire en réunissant tous les acteurs concernés et en s’adaptant aux contraintes inhérentes au budget alloué par les finances publiques. » Telles étaient les proposions de la réunion locale à ce sujet.

Depuis plusieurs mois, la Direction de l’Équipement travaille sur un dossier d’analyse et de prospective du port de Saint-Pierre. Jean-Michel Rogowski, Directeur de l’Équipement, a présenté l’étude qui tente de répondre à trois besoins principaux :
- Offrir un outil opérationnel en bon état,
- Répondre à des besoins d’ores et déjà identifiés,
- Améliorer l’attractivité régionale du port.

Ces réflexions vont maintenant être soumises à la discussion avec l’ensemble des partenaires locaux, notamment au sein du conseil portuaire.

- L’érosion littorale et les effets des changements climatiques

Les réunions régionales du grenelle avaient conclu à la nécessité de développer une collaboration scientifique franco-canadienne sur les conséquences des changements climatiques à Saint-Pierre et Miquelon, notamment en ce qui concerne la montée des eaux.

Afin de comprendre le phénomène et d’appréhender au mieux les éventuels effets du réchauffement climatique, il convient dès à présent de s’associer à un réseau scientifique compétent en la matière. M. Rogowski a rappelé que les objectifs de ce projet étaient de caractériser les phénomènes, de mettre en place un réseau de scientifiques, de développer des outils de suivi puis de définir une stratégie d’intervention.

Des actions ont d’ores et déjà été menées. La direction l’Équipement anime un groupe de travail mis en place pour réfléchir aux conséquences du changement climatique sur l’archipel. Elle a, à cet effet, signé une convention de partenariat de cinq ans avec le Centre d’Études Maritimes et Fluviales de l’Équipement (CETMEF) et s’est associée au réseau scientifique canadien OURANOS.

Ces premières actions se complèteront à l’automne 2010, par une rencontre des acteurs du dossier dans l’archipel. Dès 2011, des instruments de mesures seront mis en place (marégraphes et houlographes). De même, les zones les plus vulnérables à l’érosion seront identifiées, un suivi du trait de côte y sera réalisé.

Ces études permettront de doter l’archipel des moyens scientifiques nécessaires à la prise de bonnes décisions en terme d’aménagement et de stratégie d’intervention.

En conclusion

L’archipel est donc le premier territoire français à se doter d’un Comité Maritime Ultramarin. Il est maintenant nécessaire de mettre à profit ce nouvel outil, d’en faire un véritable levier de création de richesses et d’emplois, tout à la fois respectueux de l’environnement.

Depuis le moratoire de 1992, tous s’entendent pour dire qu’il n’existe plus de solution miracle. De nombreuses petites pistes de développement semblent toutefois accessibles, mais leur développement ne se fera que grâce la participation d’un maximum d’acteurs.

Afin de maximiser cette participation des acteurs, il est proposé de créer trois groupes de travail :

un groupe produits de la mer, recherche halieutique, recherche marine, et valorisation,
un groupe développement portuaire (pêche,tourisme, plaisance, commerce),
un groupe biodiversité.

Les groupes de travail doivent maintenant être composés au plus vite afin de proposer, d’ici un an, à la prochaine réunion du CMU, une politique maritime locale et des propositions opérationnelles.

Karine Claireaux, Jean-Régis Borius et Christian Buchet en grand format (nouvelle fenêtre)
Karine Claireaux, Jean-Régis Borius et Christian Buchet
Le C.M.U.  en grand format (nouvelle fenêtre)
Le C.M.U.
Présentation IFREMER - Herlé Goraguer en grand format (nouvelle fenêtre)
Présentation IFREMER - Herlé Goraguer
Présentation du dossier portuaire - Jean-Michel Rogowski en grand format (nouvelle fenêtre)
Présentation du dossier portuaire - Jean-Michel Rogowski